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Poème Bibliophilie Boulimique (première partie)

Peniculo

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#1
Bibliophilie Boulimique (première partie)



Aux livres que j’ai lus et relus par envie

Je voudrais faire savoir qu’ils furent mes bonheurs

Certains ont enrichi maints moments de ma vie

Je dois de les aimer à mes bons professeurs.



Leurs noms se superposent aux choix qu’ils m’on fait faire

Aux goûts qu’ils m’ont donnés d’aimer la qualité

De trouver des filons de mines littéraires

D’enrichir mon esprit dans la diversité.



J’ai sur des étagères un excédent d’ouvrages,

Certains sont bon marché d’autres plus onéreux,

J’ai même des doublons quand trop s’usent les pages

Mais je n’en garde aucun s’il ne me rend heureux.



Si le petit format plait à ma tirelire

Les habillés de cuir sont des exceptions

Certains s’usent plus vite, ils incitent à relire

D’autres sont des trésors aux milles précautions.



Les classiques sont là en état lamentable

Tant les pages tournées ont été au travail

Un double est conservé peu lus mais admirable

D’un château de papier chacun est un vitrail.



Tant est riche de joies notre littérature

Qu’on ne pourrait tout lire et, bien sûr, tout avoir

Si j’ai comblé des trous dans ma courte culture

Les livres sont les clefs de mon petit savoir.




Mais j’ai des préférences issues de professeurs

Qui surent me montrer la saveur de la langue

Des choix parmi la foule aux célèbres auteurs,

Diamants que le temps a sortis de leur gangue.




Quand le contemporain occupe un bel espace

Les lettrés distingués ont des places de choix

On ne saurait ranger en une même place

Alceste, Iphigénie, avec Sagan, Maurois.



Partant du moyen-âge et de ses deux romans

Je connais de Renart le poème notable

Ses auteurs sont plusieurs médiévaux et rimant

En le modernisant sa langue est acceptable.



Le Roman de la Rose est un œuvre sublime

Guillaume de Lorris en fit la prime part

Sa langue raffinée où l’amoureux s’abime

Dépasse de l’amour le délicat rempart.


Jean de Meung en second acheva le roman

Ses lignes énergiques autant que savoureuses

S’adressent à l’esprit mais n’ont rien d’assommant

Car ses digressions de rire sont porteuses.


Je l’avoue maintenant de Villon, j’ai tout lu

J’ai relu mot à mot testament et ballades

Des dames du temps jadis à celle des pendus

Je me suis enchanté des rimes en parades



Certes j’aime Racine il peint, comme on l’a dit,

Les hommes sans cacher leurs intimes faiblesses

Corneille me plait aussi avec sa tragédie

Qui montre des humains, folies et hardiesses.



Mais j’adore Poquelin qui inventa Alceste

Et qui nous divertit de son mamamouchi

Il sait tout des maris, des femmes, et il conteste

Par le biais de Tartuffe un sein qui s’affranchit.



Je ne saurais de tous crier tous les bienfaits

Sautant de Rabelais à l’illustre Pléiade

J’aime La Boétie, Montaigne et ses essais,

Agrippa d’Aubigné, sa sublime croisade.


Rabelais et Ronsard et puis plus tard Montaigne

Sont les clés du seizième aux illustres écrits

Le dix septième allait devenir une enseigne

Pour l’épanouissement des plus féconds esprits



De Mathurin Régnier on connut la satire

Illustre devancier de Molière l’immortel

Et puis Malherbe vint il avait à redire

Sur la rime souffrant d’un mal accidentel.



De Guez de Balzac réformateur de prose

On oublie trop le nom, il a su rappeler

Que l’usage en l’écrit est chose qui s’impose

Le style venant après la langue modeler.



Et puis, le temps coulant, la pensée se réforme

Laïcs et religieux sont en constants débats

Pendant que d’un discours la méthode prend forme

Descartes sur Gassendi gagnera le combat.



De chefs d’œuvre premiers les doctes se révèlent

La nature s’imite ainsi que les anciens

Les mondains précieux dont les écrits se mêlent,

Chez Voiture ou Scarron recherchent des soutiens.



Et voila que Corneille admirable et tragique

Ressuscite d’Eschyle et Sophocle l’écho

il prend à Euripide sa forme dramatique

Et Horace et Cinna deviennent ses héros.



Un génie survenant pour penser autrement

Issu de Port Royal impose ses idées

D’éloquence teintant son strict jugement

Pascal nous a laissé ses célèbres Pensées.



S’en viennent des génies en ce siècle complet

La Fontaine, Boileau, Molière et Racine

Puis La Rochefoucauld, le prêcheur Bossuet,

Dame de Sévigné dont l’écriture fascine.



Tout ce monde écrit bien mais l’oubli vient cacher

Bourdaloue, Massillon, l’éloquence oratoire

À l’oraison funèbre certains vont s’attacher

Bossuet en reçoit, par son Lutrin, la gloire.



Et puis mettons à part la fin du siècle doux

Où La Bruyère offrit ses fameux caractères

Fénelon précepteur ne l’aimait pas beaucoup

Mais de son Télémaque ne faisons pas mystère.


Du siècle dix septième il ne pouvait sortir

Que des talents nouveaux sublimes héritages

Le dix huitième est fou il allait aboutir

À un foisonnement de plumes et d’ouvrages.



L’esprit philosophique est soudain en éveil

La société, les mœurs exigent la lumière

On se distrait aussi Marivaux émerveille

Lesage écrit Gil Blas, Regnard le Légataire



Le géant Montesquieu aux lois met de l’esprit

Puis ses lettres avouent que les persans écrivent

Sur un monde boiteux, et déjà il prédit

Que dans ce siècle là quelques raisons dérivent.



Et le génie Voltaire en poésie, en prose,

S’en va parler de tout mais en philosophant

Sur la crédulité il a un œil morose

Mais il ne renie pas le pouvoir triomphant



L’univers m’embarrasse et je ne puis songer


Que cette horloge existe et n’ait point d’horloger

Dira-t-il pour couper sans le trop prolonger

L’athéisme où certains désiraient le plonger.



Mille ravissements viennent de sa lecture

Pourtant Zaïre, Mérope n’eurent qu’un discret écho

Son théâtre plut moins que sa poésie pure

Son épitre à Horace eut de nombreux bravo.



Un doué touche à tout philosophe riant

Vint éclairer l’époque avec sa vérité

De l’encyclopédiste au romancier brillant

Diderot des aveugles orna la cécité,



Le Neveu de rameau éveilla les esprits

Et Jacques le fataliste incita à sourire

Réaliste conteur il fut de tous compris

De nombreux paradoxes aimant à discourir



......................................................................................................à suivre



 

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