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Poème Histoire Quiberonnaise

Peniculo

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#1
Histoire Quiberonnaise

Le ciel était tout noir et le vent et la mer
Perdaient le chalutier tapé par le travers.
Plus de cap à tenir, à chaque déferlante
Le bateau s’écartait de sa course vaillante.
Pierre ne pouvait plus s’orienter vers le port,
Neptune déchaîné se montrait le plus fort.
Yann Letroadec, Yves Legrand-Pichon
Ayant couru les mers sur de multiples ponts
Dirent à Pierre il faut saluer la tempête
Laissons la dominer ne lui tenons pas tête

Prenons du flot le sens mettons en avant toute
Sauvons notre bateau en perdant notre route.
On entendit hurler les hélices hors de l’eau,
On entendit craquer la coque du bateau
Mais montant descendant sur la fureur d’Éole
La route s’infléchit et devint bien moins folle.
Ils s’éloignaient du port mais la mer se calmait.
Puis reprirent le cap que leur carte donnait.

Pierre dès le lendemain épousera Gaëlle
Il était son amour et elle était sa belle.
Il avait prié Dieu au sein de la tourmente
Elle priait aussi pour une mer clémente.
Gaëlle le savait Pierre l’aura pour épouse
Mais de la mer jamais elle ne sera jalouse.
Le mariage fut fait et Gaëlle la pure
À Pierre abandonna son intime parure
S’aimant depuis longtemps ils se voulaient, si fort
Qu’ils eurent des tempêtes au plus creux de leurs corps
Et que les yeux trempés de ce nouveau bonheur
De joie Pierre, enflamma le désir de son cœur.
Devant une fenêtre, au matin, enlacés
Ils regardaient la mer et les bateaux bercés
Le vent était petit et la marée montait
Sur la plage un enfant au cerf-volant courait,
Gaëlle dans le cou de Pierre son cher trésor
Lui dit mon tendre amour qui aimes-tu plus fort
Est-ce moi ton épouse ou bien est-ce la mer ?
En Bretagne, amour doux, la mer peut être enfer
Mais elle est paradis nourrissant le pécheur
Toi qui es mon désir, ma vie et mon bonheur
Prie quand le temps est gros, que le flux est effroi,
Pour que jamais la mer ne me veuille plus que toi.

Nous connûmes Gaëlle en étant en vacances,
Car le climat breton nous était renaissance
Et quelque soit le temps en nous protégeant bien
Nous avions le soleil et le vent quotidien.
Adossés au rocher sur la côte sauvage
Nous regardions Éole promener ses nuages,
Ses moutons cotonneux broutaient un peu d’azur
Mais au lointain le bleu n’était plus aussi pur.
Les vagues de Neptune somnolentes, passives,
Mourraient dans la douceur en atteignant la rive
En frappant quelquefois un rocher dépassant
D’un coup sec dont le bruit allait diminuant.
Sur la plage, plus loin, les lames atténuées
Ornaient le sable chaud de caresses mouillées
Amusant les bambins dont les pelles actives
Tentaient de repousser les vagues les plus vives.


Jupiter s’en mêla et il dressa le poing
On l’entendit gronder, l’orage était au loin,
Il brandit ses éclairs et d’un seul coup tonna
Le ciel devint tout noir, la nuée se fâcha.
Neptune réveillé, s’en vint fracasser l’onde
Sur les rochers du bord, rythmait chaque seconde,
L’écume furieuse amère dame blanche
Dissimulait le flot qui sous elle s’épanche.
Sur la plage déserte une onde belliqueuse,
Écumait en cachant cette paix sablonneuse
Et sur les rocs pointus que frôlait la nuée
La longue côte sauvage, était bien dénommée.

Neptune tout puissant perdait sa retenue
Le ciel de la mer ne se distinguait plus
Et des creux prodigieux qui torturaient les flots
Auraient pu menacer les plus puissants cargos.
Nous crûmes un moment nous tenir à l’abri
Mais malgré les cirés la pluie nous a transis,
La puissante beauté, la nature furieuse
Dispersait l’océan en pluie insidieuse.
Trempés et désertant cet étonnant spectacle
Nous laissâmes nature achever son miracle,
En entrant au café dont le granit dur
Pour s’abriter du vent avait monté un mur.

Du cidre fut servi ce breuvage local,
Sec autant que goûteux, il était idéal,
Et servi par Gaëlle, image de bonheur
Le visage ravi avec des yeux rieurs.
Elle vit nos regards, voulut nous expliquer
Mon Pierre est un marin il est partit pêcher
Il vient de m’appeler il y a un quart d’heure
Il est rentré au port juste avant cette horreur.

Nous gorgeant les poumons d'un doux zéphyr iodé
Le calme revenu, nous avons respiré.
Étonnés des pouvoirs de madame Nature
Imposant, quand elle veut, totale dictature.
Admirant de Gaëlle la passion ardente
Luttant contre la mer : sa seule concurrente.

 

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