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Poème Le Chant des Chimères (1/2)

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#1
C’est irrépressible !
Je la veux en merveille comme je vois clairement toutes les facettes d’elle qui l’estiment à mes Yeux! Qui l’estimaient déjà, dites le lui maintenant, l’espace d’un temps murmuré à mes diverses raisons, l’espace d’un élan, d’une tension fertile vers ce besoin de déjà la connaître, de déjà l’adorer avant même de la rencontrer.
Car je suis de ceux qui accordent tous leurs sens aux bruits qui courent afin de mieux les rêver, à ma façon, les rêver plus immense par de volontaires intuitions, ainsi s’articule ma voix pour qu’elle puisse se réaliser comme je l’entends.
Quel est son nom ? -Résonne- Est-elle belle ? –dessinée de Lueur- Vient-elle tout juste d’arriver ? –Patience-
D’innocentes réponses dérobées sous des vents subtils fascinèrent un monde pour l’accueillir, fondèrent d’insondables désirs que je pourrais lui offrir le long d’un chemin secret que je saurais au fil des jours lui raconter pour lui plaire, envoûtant chant des Chimères, brume piquée d’or et mots d’autres sens, accentués des mélodieux silences d’une langue inconnue, que j’inventerais pour elle et que l’on n’apprendrai qu’ensemble, pour ensemble, ne jamais avoir à la prononcer devant quiconque.
C’est en sphinx que je me présente à elle et derrière les sons d’introduction résonnent ces énigmes qui me séduisent d’avance.
Pourquoi Elle si pâle dans ce monde fatalement à la recherche du Soleil ? -son écho transperçant l’immobilité de cavernes primordiales-
Pourquoi enthousiaste sa fragilité que je pourrais traduire instantanément, aveugle, puisqu’elle est la mienne? -son écho vacillant d’une nouvelle lumière sur ces mêmes objets d’illusions, maintes fois manipulés-
Pourquoi cette même langue maternelle que l’on m’avait arrachée et qu’en face d’elle je recompose avec tant d’aisance ? -rayon de sa géniale différence, cette confiance si rare que je perds sans cesse ou que je ne sais que perdre-
Dites seulement à l’inconscient qui se condamne, sous quelles lois la grammaire de son être m’autorise-t-elle à accorder l’inaccessible avec l’espoir, et je vous dirais en quoi elle est sublime et comment je le sais, pourquoi elle si fabuleusement ici et moi à ce point désormais…

*

Il y a, dissimulé en elle, ces horizons féminins qui s’organise contre la démesure et l’autodestruction,
ces horizons qui chercheront toujours à me guérir et que j’ai fait miens sous l’oblique d’un autre ciel,
tout en image et si solitaire, un chemin de traverse que j’ai appris à synthétiser plus caressant, plus apaisé.
Il y a dans mes souffrances ressassées, un vaccin sous-entendu que je lui propose sans violence, afin d’atteindre une autre échelle en direction de sa grâce.
Non mes Yeux, n’implorez pas une lumière qu’il vous est désormais dévolu de rendre ! A votre tour, éclairez cette femme de vos passés minutieusement conservés, éclairez la qu’elle voit parler dans ces miroirs qui sont les vôtres, qui ne savent se taire pour les autres, l’évidence de tout ce qu’elle n’est pas vide, de tout ce qu’elle n’est pas petite, de ce que vous savez déjà d’elle en admirant son simple courage d’être humaine, de toutes ces terreurs qu’ils vous aura fallu affronter aussi avant d’accepter l’idée qu’une vie se bâti comme une suite de présents incertains, que l’on parvient, au mieux, à ressentir en persistant sur ses propres cohérences, de mémoires qui figent l’intérêt même d’avoir peur, de paroles pour transformer ce qu’est l’affreux vertige de perdre en pouvoir de s’émouvoir, en frissons curieux pour de nouvelles icônes.
Ô l’absolue vertu de ces présents successifs qu’il nous faut entendre l’un après l’autre -malgré les contrastes- puis l’un mêlé à l’autre –fugue du temps qui passe- le précédent au service harmonieux de celui qu’il précède, le prochain respectueux de celui qu’il recouvrira peu à peu pour l’élever, comme guident les étoiles.

Il y a, dans ce que je vois en elle, bien plus qu’une réconfortante pitié administrée entre âmes semblables, éperdues de tristesses. Il y a dans mes malheurs virtuels -non, dans l’expérience de mes malheurs vécus à l’écart- une clef qui s’est forgée d’elle-même, une clef que je discerne à peine mais dont je crie l’existence, et qui ouvre parfois la sombre boîte qui pèse sur les épaules d’autres anges qui me ressemble.
C’est ainsi que je les reconnais, particulier et bleus à l’intérieur, aux autres, trop asynchrone pour en être avisés, des soleils que l’on prétend invincibles, des sourires que l’on croirait n’avoir jamais doutés.
Des êtres qui pourtant attirent à eux, les peines comme une habitude. Des spasmes réceptifs, des esprits réceptacle, gorgés, saturés de rêves, de frustrations étrangères; cet opium de leurs amicalité qui devient un jour ce même poison qui les bride.
Et, rendu anonyme par des tristesses qui ne sont pas les leurs, apprenez qu’ils distillent la Nuit la matière insoutenable dont on les charge, et se réveillent sans avoir su dormir, se réveillent d’un Demain plus usé, toujours plus enserrés par ce qu’on les imagine capables d’endurer pour nous.
Demain toujours plus usé, en oublierons de fabriquer les armes de leurs bonheurs, et se retrouverons démunis devant ce qu’il leur reste à vivre pour eux.

Apprenez la dévotion naturelle qui anime les empathiques à vous aimer, et sachez qu’elle n’a rien d’un métier que l’on pourrait endurer toute sa vie. Et comprenez ceci que vous pourriez bien devenir l’ange malmené d’un autre quelqu’un, ou peut-être même de ce quelqu’un qui fut anciennement particulier et bleu pour vous, mais que vous aurez trop pressé de ces lâches contradictions qu’il vous appartenait de résoudre,
ces maux dont tout le monde souffre et dont on ne peut infiniment se délester sans se retrouver un jour devant d’insolubles remises en question, Seul.

Et ceux qui aurons l’habitude d’alambiquer le Noir, plus noir des sempiternelles nuits à pleurer, renaîtrons, eux, en élixirs d’autres couleurs, comme le font les Animaux qui se doivent d’être magiques.

*

Non, d’aucune pitié réciproque, elle n’en a pas besoin, moi non plus, et je n’y pense même plus ! Lugubre aux hommes, le cri du Loup est empli des joies qui traversent la Nuit !
Meute, cherche-t-elle une meute pour courir à la Lune lointaine? Mes crocs pour la servir ! Elle, que j’ai toujours vu jeune, douce mais féroce implicite, belle comme la Louve que je brûlerais d’avoir déjà connu et à qui j’aurais déjà offert mes plus belles frénésies.

…Et ces dentelles qui l’illuminent, ô délicate révolte, tournoyante malheureuse pleine de grâce, ô sa noblesse nerveuse et sa force éclatante même dans ses plus fines, ses plus vulnérables postures... ô ses sourires chaleureux, devinants et tragiques, sa sensibilité sage comme une science millénaire, terrible comme une clairvoyance tourmentée... ô toutes ses merveilles si précises, ses étincelles savantes qui peu à peu me la dévoile comme je l’ai rêvée, ou comme je l’ai perçu une Nuit -peut-être était-ce une vision à lui offrir- Reine respectée devant milles agressives énergies mâles se prosternant, enfin dociles à ses pieds, pour se faire pardonner comme elle le mérite.

Ô ses tournoyantes révoltes, sa danse d’innocence résolue... et ce mal injuste comme un spectre virevoltant tout autour d’elle, et mon regard se rebellant, défie les ombres, se lève, et vient enrouler ses voiles embrasées comme de soyeux serpents pour ses gestes, de caressants mouvements pour accompagner les aléas de son corps et s’élever sous la dentelle, en volutes lumineuses de frissons irisant sa peau, et s’élever encore, brise de mes plus audacieux fantasmes, et sur ses lèvres poser la première de mes illusions, mon baiser pour elle et sa douce brûlure.

*

Ah ! L’électricité de mes juvéniles fanatismes, ces inspirations qui me reviennent sans complexe!
Pauvre de moi qui n’ai jamais eu mille ans qu’en prétention. Non mes Yeux, ne soyez pas si perçants ! Ne lui avouez pas plus que ce qu’elle veut bien vous offrir ! Non mes griffes, détournez vos désirs vers d’inoffensives expressions ! Une meute bienveillante, pour l’aimer et révéler cette flamme qu’elle porte, et la porter avec elle comme étendard de sauvages splendeurs, en son nom je veux bien me consumer, et protéger ce que toute entière elle est faites de promesses à ce monde.

A la pelle mes passions jetés dans une fournaise intérieure, mon âme, désormais, sera trempée, alliage des légendes, dans l’acier le plus étincelant, dans l’or le plus ductile.
A la maîtrise de mes innombrables feux se forgera, pièces après pièces, mes armes de l’Art, solides et ciselés.
Ouvrages des années, reflets des saisons, lourde patience d’avoir trop ressenti,
et l’entêtement léger de l’artisan, ses gestes qui s’affirment.
Qu’elle croit comme je crois avec ferveur l’un de mes plus anciens mantras : « Lorsqu’il n’a plus rien à détruire, le Feu se met à créer et devient ce prodige qui saura se donner. » Qu’elle me croit car nous sommes tous deux du Feu et que j’ai appris à connaître toute l’ambiguïté de ce signe...

(à suivre...)

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#2
Ayé! J'ai trouvé la limite: "Oups, veuillez poster un message contenant moins de 10000 caractères..." ;)
 

Impoésie

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#3
Ayé! J'ai trouvé la limite: "Oups, veuillez poster un message contenant moins de 10000 caractères..." ;)
Que d'introspections éblouissantes...Je me répète: Un talent impressionnant !!!
Hors du commun pour la prose avec un P majuscule.(y)
J'ai lu les deux textes et c'est à mon tour de rester bouche bée!
 

REVEPOURPRE

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#4
C'est effectivement une superbe prouesse d'écriture

avec un fond admirable!!

Mais tu dois sans doute le savoir.....les longs textes ne sont pas très prisés des lecteurs......sur les forums!!!


kénavo


RP
 
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#5
Que d'introspections éblouissantes...Je me répète: Un talent impressionnant !!!
Hors du commun pour la prose avec un P majuscule.(y)
J'ai lu les deux textes et c'est à mon tour de rester bouche bée!
Merci encore impoésie pour tes éloges. Cependant N'hésites pas à critiquer la moindre faiblesse ou que sais-je, si je les publie ici c'est principalement pour m'améliorer. Pour une fois que j'ai cette chance de rencontrer des personnes intéressantes et intéressés pour mettre à l'épreuve mes solipsismes. Allez y lâchez vous, ne me passez rien!!! ;)
 
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#6
C'est effectivement une superbe prouesse d'écriture

avec un fond admirable!!

Mais tu dois sans doute le savoir.....les longs textes ne sont pas très prisés des lecteurs......sur les forums!!!


kénavo


RP
"Ils ne savaient pas que c'était impossible, c'est pourquoi ils l'ont fait!" Mark Twain
Je me doute que les textes longs ont plus de mal à séduire, cependant je suis passé en une semaine d'une trentaines de lectures de mon entourage à plus d'une centaine grâce à internet, donc pour moi c'est déjà bénef. Et puis j'suis un assez vilain sorcier têtu, je n'écoutes que les conseils qui font sens à mon harmonie autistique... ;) Et puis je me suis toujours dit que les lecteurs n'étaient pas aussi peu concentrés qu'on le prétend. J'admet que ça demande un peu d'attention mais en toute bonne foi, ils ne sont pas compliqué à comprendre. Et puis j'ai travaillé sur plusieurs pistes pour que l'on puissent les lire de différentes façons. Musicalité, symbolique, hypnose, vertige... etc Si on cherche pas à tout comprendre dès la première lecture, il y a moyen de passer un bon moment... ;) hahahaha!
 

Impoésie

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#7
Merci encore impoésie pour tes éloges. Cependant N'hésites pas à critiquer la moindre faiblesse ou que sais-je, si je les publie ici c'est principalement pour m'améliorer. Pour une fois que j'ai cette chance de rencontrer des personnes intéressantes et intéressés pour mettre à l'épreuve mes solipsismes. Allez y lâchez vous, ne me passez rien!!! ;)
Tu sais Quentin, je ne suis qu'un pauvre poète amateur et malgré que j'aime aussi la
prose, je n'en suis pas un virtuose. Difficile pour moi de trouver des lacunes mais si
jamais j'en apercevrais l'ombre d'une, je te le ferai savoir...avec délicatesse.;)
 

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#8
Joli jour Quentin,

Je viens calmer le "jeu " si on peut dire
en te faisant un modeste cadeau

ornithorinque.jpg

Hé hé ! Qu'est-ce que c'est ? mdr !

Bien à toi

Rose ***
 
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#9
Joli jour Quentin,

Je viens calmer le "jeu " si on peut dire
en te faisant un modeste cadeau

Hé hé ! Qu'est-ce que c'est ? mdr !

Bien à toi

Rose ***
Mais il n'y a rien besoin de calmer, millenuits m'a fait une critique sans débordements et je lui ai répondu... Je mettrais ça plus en forme quand j'aurais récupéré mon cerveau et republierais son commentaire et le mien...
N'ayez crainte, nous sommes sur un forum de poésie, ne pas s'exposer à la critique, positive ou négative, c'est avouer d'avance l'échec de la formule je trouve.
Enfin chacun pense comme il le veut,
moi j'ai besoin de me faire bastonner un peu pour muscler mon écriture...
J'ai quelques qualités, et je remercie ceux qui m'ont aidé à les voir ,mais j'ai beaucoup de travail encore à accomplir..
Je suis assez féroce en auto-critique déjà, mais j'ai besoin d'autres idées pour m'améliorer...
Tout dépend j'imagine des intentions de chacun, je respecte...
Mais oui sur mes pages, franchement j'attends que ça, de la contradiction je pourrais tirer beaucoup d'idées...
Et puis je sais bien faire le tri entre ce qui pourrait me servir et ce dont je peux me passer...
Enfin voilà, si c'est constructif je prends sans hésiter...
et c'était courageux de sa part d'oser le faire...

L'Art est facile, une bonne critique difficile

Et puis si on viens juste me clasher, ben je saurais répondre, vous inquiétez pas pour ça... ;)

(Rose, C'est Ornithoptère!!! :):):) Ah non ça c'est la machine que de Vinci a imaginé et que Frank Herbert a fait se mouvoir dans Dune...

 
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#11
Commentaire de Millenuits suivi de ma réponse

"Pour bien me faire comprendre, je vais être impertinent par endroits mais franc tout le temps pour dire ma gêne devant vos écrits sur ce forum.

Je suppose que tout texte "révélé" dans cet espace est de toute façon exposé à la critique , comme sont exposés les marchandises d'un grand bazar, sauf que, concernant votre texte, il est rare et précieux même s'il présente par certains aspects une étrangeté et une particularisme effrayants.

D'abord, comme je l'ai déjà fait remarquer , les texte à haute teneur poétique, philosophique et morale (immorale) aussi, ne sont pas à portée de tout lambda qui vient, ici ou ailleurs, se sentir utile et donc existant dans un monde qui le broie du matin au soir.

Ensuite, le vocabulaire utilisé, sonne comme une répétition de sonorités et de mots déjà essorés jusqu'à l’assèchement presque total...Bien que beaucoup d'images deviennent stéréoscopiques et presque machinales, à force d'être mises, remises et re-remises, il n'en demeure pas moins qu'au bout d'une certaine patience, la lecture devient une véritable torture au lieu de préparer le lecteur à une meilleure sensibilité et à une appréciation doucereuse des images et des faits narrés avec tant se souplesse et de ténacité..

J'avoue que je lis vos textes avec un plaisir mêlé de crainte et de fatigue...Je conçois que d'autres lecteurs les trouvent beaux, excellents, bien travaillés et tout, mais moi, fainéant et farniente, je ne peux, en tout et pour tout, que lire en diagonale sachant que ce qui vient ne doit pas être différent de ce qui est déjà servi...

Bien sur, il est tout à fait concevable que je sois idiot n'ayant pas saisi le sens caché et apparent des textes soumis à mon propre plaisir.
Salutations. Millenuits "


Alors, je viens de relire cette critique et au final je ne vois qu’un seul point que vous me reprocheriez éventuellement, à savoir la répétition du vocabulaire, des images et donc la lourdeur du texte pour le lecteur...

Donc je vais vous faire une réponse plus rapide que l’exposé que je m’étais imaginé.

Je comprends parfaitement votre ressenti, je trouve que pour ce texte ce n’est pas forcément flagrant, mais en considérant les trois autres qui ont suivis cela devient tout à fait justifié. La réponse est simple, j’ai voulu user jusqu’à la corde un état d’esprit dans lequel j’étais, profiter d’une inspiration qui se fait rare parfois, et j’ai dévidé l’énergie que j’avais à sortir tout ça tant qu’il en était encore temps. Et voyant que je tournais en rond j’ai changé de style et de sujet tout simplement, pour reprendre plus tard.

Avec mon exhaustivité compulsive, j’ai voulu « tout dire » à propos d’un sujet, et cela se répète, s’assèche à force de ne pas savoir s’arrêter au bon moment... « Le mieux est l’ennemi du bien »

J’ai laissé faire, plus ou moins consciemment, puisqu’il était, d’un point de vue « technique » intéressant pour moi de travailler mes images, mes rythmes, mes sonorités, quitte à accepter de dire plusieurs fois les mêmes choses d’une façon différente.

Je l’ai fait parce que j’ai passé beaucoup de temps auparavant à faire et défaire, pour me retrouver avec deux phrases au bout de plusieurs heures de travail, et j’ai compris que je n’avancerais jamais en étant trop perfectionniste.

Depuis j’accepte totalement cette caractéristique de mon écriture qui s’apprend en s’écrivant, accepte qu’aucun de mes textes ne soient totalement abouti. Je préfère me dire qu’ils me servent à la fois de mémoire, d’exercice de style, de message...

De toute façon en les faisant je ne les concoit souvent que comme des notes, des pans d’une histoires plus longue que je ne saurais finaliser qu’avec plus d’expérience...

Les liens de cohérence que je n’arrive pas à expliciter je les marque au moyen de symboles récurrents, architecture invisible de ma logique intérieure que d’année en année j’arrive à rendre plus limpide aux autres.

L’idée bien sûr est de devenir accessible à un cercle toujours plus grand de lecteurs sans trahir ma sensibilité. Je ne le pourrais pas de toute façon, à mon Oreille, ça sonne juste ou non, et malgré l’hermétisme de mon expression, les textes publiés ici sont « conforme » à une cohérence intérieure que je ressens sans encore savoir l’expliquer.

Pour rendre ça moins « pénible » à lire, je conçois qu’il faudra encore épurer fond et forme (peut-être ne pas les ranger en paragraphe aussi dense)

Par contre les lire en diagonale c’est dommage, puisqu’étant assez dispersé dans mes pensées, l’une des structures est la musicalité (que je suis peut-être le seul à entendre, mais croyez bien que je l’entends)

(Avez-vous essayé de les lires à voix haute ?)

Petit extrait d’un autre texte :

« Imaginez votre pensée se construisant par le rythme et non par la logique. Entendre une musique impérieuse comme un flux vital et que la raison habille comme elle le peux de mots aléatoires, simplement là pour leurs sonorités. Logorrhée, sang de la création, moteur à Magma. Imaginez ce cadavre exquis intérieur, d'une substance semblable aux délires qui colorent le crépuscule de la conscience au moment où l'on commence à s'endormir. Imaginez ce même état au réveil, transi par l'obsession de retranscrire en mots intelligibles ces absurdes voix, de l'abandon simple du ressenti vers la formulation complexe de ces phrases jouées par des instruments qui n'existent que dans votre tête. »



Voilà voilà, je sais plus où j’en suis, donc je vais conclure.

Je me suis rendu compte aussi du côté possiblement tortureux de mon écriture, j’essaie de mêler pas mal de choses simultanément. Souvent j’en ris en me disant que je ne me rappellerais jamais moi-même des liens que je voyais au moment de les faire. Ces textes je ne les considèrent pas comme intouchable, ils changerons probablement un peu avec le temps dans une volonté d’être moins assommants, mais pour l’instant, puisqu’en en terminant un je ne sais jamais quand reviendras la prochaine salve d’inspiration, j’aime qu’ils contiennent encore des mystères à expliquer...

Je ne sais pas ce que vous avez pensé de « l’Araignée », un an et demi après ce texte-ci, je pense que l’on sent ce travail d’épuration de la forme...

En tout cas merci pour votre critique qui au finale est plutôt positive, puisque vous parlez de texte rare et précieux à haute teneur philosophique, ce qui deviens dithyrambique.

Sans en être là, j’essaie de faire des textes de qualités, puisse mon cerveau un peu trop soumis à la toxicité de mon hygiène de vie ne pas lâcher tout de suite sous la pression de telles ambitions ...

Pour finir une citation que j’aime et qui colle bien je crois...

« Joins tes mains, place les entre les miennes et écoute-moi,

Ce que je veux te dire, c’est, d’une voix douce et berceuse comme celle d’un confesseur distillant ses conseils, combien le désir d’obtenir reste en deçà de ce que nous obtenons.

Je veux réciter, ma voix mêlée à ton esprit attentif, la litanie de la désespérance.

Il n’est aucune œuvre d’aucun artiste, qui n’aurait pu être plus parfaite. Lu vers par vers, le plus grand des poèmes contient bien peu de vers qui ne pourrait être meilleurs, bien peu d’épisode qui ne pourrait connaître une plus grande intensité, et l’ensemble n’est jamais si parfait qu’il n’eût pu l’être bien plus encore.

Malheur à l’artiste qui s’en aperçoit ! qui un beau jour, se met à y réfléchir ! Il n’aura plus de joie dans son travail, ni de repos dans son sommeil. Il traverse la jeunesse sans être jamais jeune et vieillit insatisfait.

Et puis pourquoi exprimer ? Le peu de chose que l’on dit se trouverait bien mieux de n’avoir jamais été dit.

Si seulement je pouvais me persuader de la beauté du renoncement, comme je serais, à tout jamais, douloureusement heureux !

Car tu n’aimes pas ce que je dis avec les oreilles dont je m’entends moi-même le dire. Si je m’écoute parler tout haut, les oreilles dont je m’entends parler ne m’écoutent pas de la même façon que cette oreille intime dont je m’entends penser mes mots. Si je me trompe moi-même en m’écoutant, au point de me demander souvent ce que j’ai bien pu vouloir dire, combien plus éloignés seront les autres de me comprendre ! »



B.Soares, le Livre de l’Intranquillité
 

Zoé

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#13
"Ils ne savaient pas que c'était impossible, c'est pourquoi ils l'ont fait!" Mark Twain
Je me doute que les textes longs ont plus de mal à séduire, cependant je suis passé en une semaine d'une trentaines de lectures de mon entourage à plus d'une centaine grâce à internet, donc pour moi c'est déjà bénef. Et puis j'suis un assez vilain sorcier têtu, je n'écoutes que les conseils qui font sens à mon harmonie autistique... ;) Et puis je me suis toujours dit que les lecteurs n'étaient pas aussi peu concentrés qu'on le prétend. J'admet que ça demande un peu d'attention mais en toute bonne foi, ils ne sont pas compliqué à comprendre. Et puis j'ai travaillé sur plusieurs pistes pour que l'on puissent les lire de différentes façons. Musicalité, symbolique, hypnose, vertige... etc Si on cherche pas à tout comprendre dès la première lecture, il y a moyen de passer un bon moment... ;) hahahaha!
Il faudrait un espace pour les nouvelles, les romans, pour toutes les plumes ! Un espace de liberté n'a pas de limite. Non, attends, je recommence : Un espace de liberté doit-il avoir des limites ? Attention ce n'est pas une question de droit ! :)
Bon je vais lire
 

Zoé

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#14
Je me suis sentie plonger comme hypnotisée par les sons, les sensations, les images, dans un rêve éveillé, passant du fantasme aux visions fantastiques. L'attente de la réalisation d'une prophétie, un parcours alchimique ?
L'auteur semble se mettre à nu (expression, hein !) sans pour autant se dévoiler, comme nimbé de mystère.
L'instinct, ce côté animal, peut-être la part la plus humaine de l'Homme...
J'ai adoré, même si je n'ai pas les clés, je me gène pas pour enfoncer les portes :)
C'est ton troisième œil qui te donne ces visions ?
La suite demain
Merci beaucoup et chapeau
 
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Je me suis sentie plonger comme hypnotisée par les sons, les sensations, les images, dans un rêve éveillé, passant du fantasme aux visions fantastiques. L'attente de la réalisation d'une prophétie, un parcours alchimique ?
L'auteur semble se mettre à nu (expression, hein !) sans pour autant se dévoiler, comme nimbé de mystère.
L'instinct, ce côté animal, peut-être la part la plus humaine de l'Homme...
J'ai adoré, même si je n'ai pas les clés, je me gène pas pour enfoncer les portes :)
C'est ton troisième œil qui te donne ces visions ?
La suite demain
Merci beaucoup et chapeau
Waw! Beaucoup de choses pour me faire plaisir dans ce commentaire, mais principalement celui-ci
"J'ai adoré, même si je n'ai pas les clés, je me gène pas pour enfoncer les portes"
Voilà! Exactement! Merci, milles merci! C'est ce que je me suis toujours dit en lisant de la poésie et c'est au final la seule chose que je demande au lecteur. Se laisser emporter, hypnotiser, et lire mes symboles avec leurs vies à défaut de comprendre mes intentions. Et comme tu dis très bien, on est dans un rêve, avec sa logique décousue mêlée de fantasme et de messages inconscients.
Après pour ceux qui veulent plonger plus loin, ben il y a encore de quoi faire, parce que ce n'est aucunement de l'écriture automatique, ni un quelconque écran de fumée (bien que je sache aussi jouer de manipulation de symbole pour appuyer mon propos quand ça m'arrange, cette démarche anti-scientifique que l'on me reprochais à l'université... la carrière de gourou où je pourrais toujours me reconvertir quand les temps se ferons durs... ;) hahahaha! )

Je raconte les coïncidences remarquables qui m'entourent et qui a un tel niveau de connexion deviennent pour moi des réalisations de prophétie en effet. J'y crois dur comme fer dans ces moments de grâce et mes pseudo-prédictions s'auto-réalisent. Phénomènes psychologiques, Théâtre, ou pouvoirs magiques, peu m'importe, cela reviens au même à mes yeux, tout est lié , et la seule chose qui compte c'est que j'ai véritablement cette sensation de découvrir par moi même des vérités cachées.

Dans ces états j'entends ce qui sonne juste ou pas, ce qui est harmonieux, en cohérence avec le chemin plus long de "l'apprentissage" de mon âme, je comprends pourquoi avant, et pressent les grandes lignes du plus tard; et je me fiche complètement que ce soient des mensonges formulés en moi-même ou non, j'y fonces parce que j'apprends à me connaître de cette façon, et dans une certaine mesure les autres aussi. J'ai vraiment "lu" quelquechose dans la personne à qui était destiné ce texte, ça ne s'invente pas des hasards pareil.
Même si je n'ai su lire que les premiers chapitres avant de reperdre ces "Yeux", n'ait entendu que les premier mouvement de cette symphonie d'elle qu'a entendu cette "Oreille", cela m'a confirmé encore une fois qu'il y avait bien des moyens d'accéder à des sortes d'illuminations temporaire particulièrement vaste.
Je l'ai retranscrit comme j'ai pu avec mes moyens nécessairement limité en comparaison, mais malgré ses défauts j'aime énormément ce texte, sorte de compromis à ma sauce entre égo suraiguisé et véritable empathie pour une personne.
(et celui ci n'avait pas fait de flop, donc forcément il est nimbé d'une aura particulière... ;) même si les chapitres que je n'avais qu'à peine entrevus mais refusé de lire m'ont par la suite fortement perturbé... :(
il faut bien que les choses adviennent, même si c'est voué à finir mal...

Quand

"Le vent se lève il faut tenter de vivre"

En tout cas merci beaucoup pour ce commentaire!
 
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Zoé

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C'est gentil et ça fait plaisir :)
Il est tout codé, arggg ! Je vais devoir l'éditer pour chercher, je n'y arrive pas sur écran, j'ai besoin de poser des annotations au stylo comme jadis, p't'être même que je ferai une carte mentale avec des crayons de couleur :)
Tu perçois les choses avec un sens aiguisé et je ne pense pas me tromper en disant que tu adores analyser, chercher, comprendre. Juste accorder des temps de repos à son esprit sinon il pète les plombs parfois :)
Je lirai la suite avec plaisir.
Bonne soirée
 
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C'est gentil et ça fait plaisir :)
Il est tout codé, arggg ! Je vais devoir l'éditer pour chercher, je n'y arrive pas sur écran, j'ai besoin de poser des annotations au stylo comme jadis, p't'être même que je ferai une carte mentale avec des crayons de couleur :)
Tu perçois les choses avec un sens aiguisé et je ne pense pas me tromper en disant que tu adores analyser, chercher, comprendre. Juste accorder des temps de repos à son esprit sinon il pète les plombs parfois :)
Je lirai la suite avec plaisir.
Bonne soirée
Les cartes mentales c'est chouette! Je faisais ça il y a quelques années en licence de géographie... Laisse tomber mes exposés, c'était de la géo expérimentale parfois... ;)
Si tu en as sous la main que tu voudrais nous montrer ça m’intéresserais...
T'embêtes pas trop non plus, les liens sont pour la plupart dans le méta-discours que j'en fait, le bavardage mental qui ne se retrouve que très partiellement écrit, dans les dessins, dans mes souvenirs, ou les connexions avec les autres textes. Je me rends pas vraiment compte de ce qui est abordable ou pas, intéressant ou juste de l'ergotage... Je ne voudrais pas non plus passer pour un génie que je ne suis pas, on est encore très loin du "poète-voyant" de Rimbaud... mais ça m'inspire comme cap à suivre...
Et puis c'est une voie de sensibilité minée de pièges, de fausses vérités, de messages impénétrables, d'aveuglements... comme l'interprétation des rêves, mais plus encore du fait que je pratique ça autodidacte et pollué par mes prétentions, mes désirs et tout simplement du fait que c'est une écriture qui n'est pas gratuite, qui sert des intérêt personnels, c'est probablement la plus grosse erreur que j'ai faite lors de cette salve d'inspiration là... mais je corrige peu à peu... j'étais plus distancié la dernière fois...
enfin blablablabla oui je m'épuise parfois à essayer de tout comprendre et la pluparts des "révélations" que j'ai pu avoir dans mes solitudes se sont perdues dans l'oubli, ou n'en était pas vraiment, mais bon à force de brasser, j'élève lentement mon niveau.
A la recherche d'une méthode moins énergivore....
J'suis quand même moins un imbécile qu'il y a quelques années, et ça, il faut rendre à César ce qui est à César, c'est grâce aux personnes que j'ai aimées, et pour qui j'ai eu ce besoin d'expliquer, après les avoir malmenés de raccourcis en tout genre...
C'est malheureux de se dire que plus on aime quelqu'un, plus on l'imagine capable d'être dans notre tête et moins on fait l'effort d'expliquer, jusqu'à ce qu'ils deviennent ces fantômes d'Absence à qui parler deviens une obsession bien plus que de l'amour...
Les choses les plus belles que j'ai dit à des gens que j'aimais c'était en leurs absence, et comme un affreux j'ai souvent supposé que de l'avoir formulé ainsi suffisait à ne plus avoir besoin de le redire en vrai...
Et cette fracture entre la vie intérieure foisonnante et la vie montrée taciturne est une immense source d'incompréhension et de douleur...

(oups je crois que j'ai encore digressé, tu as raison, il faut que je retrouve des Repos.... :) )


arf terribilis, j'ai vraiment un son pourri sur mon ordi, je sais même plus quelle soprano choisir! bon je viendrais réécouter ça...
 

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