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Le goinfre
Il est tard, ma montre de fatigue s’est arrêtée
J’essaie de la remonter, les aiguilles ne bougent pas
Devant moi un objet commence à se déformer
Un autre pareil, ils sont tous à le faire, la pièce aussi
Tout est avalé, disparu, la maison entière, plus rien
Soudain j’ai des spasmes dans le ventre, j’ai mal
Quelque chose vient de l’intérieur et veut sortir
Je dois le recracher, j’ouvre la bouche, il tombe
Je m’approche de la forme visqueuse, je la reconnais
C’est mon bureau, je m’affole, je ne comprends pas
Un nouveau haut-le-cœur, c’est ma bibliothèque
Un autre, ma chaise, les livres et les cadres des murs
J’ai faim ! Il faut manger mais quoi, plus de nourriture
Devant moi, un bouquet d’arbres, je fonce vers lui
Je les arrache du sol et je les avale tout entiers
Je ne peux plus m’arrêter, je dois assouvir mon appétit
Tout ce qui passe à ma portée part direct dans l’estomac
Les hommes, les animaux, les habitations, même l’église
Les mois passent, je me suis goinfré de toute la France
J’ai bu tous les océans, il ne reste qu’à manger la planète
Voilà, je flotte dans l’espace, j’ai bouffé ma vieille Terre
Je ne suis toujours pas rassasié, un coup d’œil sur la droite
Ma bonne copine la Lune, j’en fais qu’une bouchée
Je m’attaque directement maintenant au système solaire
La faim me tenaille encore, la prochaine la galaxie
Elle disparaît, je pousse un rot cosmique qui réveille Dieu
Il vient me voir et me supplie de cesser, il passe à la trappe
Il est dissous par les sucs gastriques, il me reste l’univers
Il est tard, ma montre de fatigue s’est arrêtée
J’essaie de la remonter, les aiguilles ne bougent pas
Devant moi un objet commence à se déformer
Un autre pareil, ils sont tous à le faire, la pièce aussi
Tout est avalé, disparu, la maison entière, plus rien
Soudain j’ai des spasmes dans le ventre, j’ai mal
Quelque chose vient de l’intérieur et veut sortir
Je dois le recracher, j’ouvre la bouche, il tombe
Je m’approche de la forme visqueuse, je la reconnais
C’est mon bureau, je m’affole, je ne comprends pas
Un nouveau haut-le-cœur, c’est ma bibliothèque
Un autre, ma chaise, les livres et les cadres des murs
J’ai faim ! Il faut manger mais quoi, plus de nourriture
Devant moi, un bouquet d’arbres, je fonce vers lui
Je les arrache du sol et je les avale tout entiers
Je ne peux plus m’arrêter, je dois assouvir mon appétit
Tout ce qui passe à ma portée part direct dans l’estomac
Les hommes, les animaux, les habitations, même l’église
Les mois passent, je me suis goinfré de toute la France
J’ai bu tous les océans, il ne reste qu’à manger la planète
Voilà, je flotte dans l’espace, j’ai bouffé ma vieille Terre
Je ne suis toujours pas rassasié, un coup d’œil sur la droite
Ma bonne copine la Lune, j’en fais qu’une bouchée
Je m’attaque directement maintenant au système solaire
La faim me tenaille encore, la prochaine la galaxie
Elle disparaît, je pousse un rot cosmique qui réveille Dieu
Il vient me voir et me supplie de cesser, il passe à la trappe
Il est dissous par les sucs gastriques, il me reste l’univers
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