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Poème Per Aspera ad Astra (2/2)

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#1
Citadelle où ne plus se retrouver aspiré à la faveur du plus Nombre ; itinérances de procès froids comme le froid du Repos qu’offrent ceux qui se prétendent nos créanciers.

Pour la Pluie, j’aimais les refuges et dans ma caverne devenir calme et spectateur, indifférent sauf à ce qu’il se passe à l’intérieur, regroupé au loin des trop vites vies. Battement sourd et lointain de la Pluie qui en tombant procure un son étrange de bien-être, et propage, sur les tambours de circonstances que deviennent nos murailles alentours, une marche d’où nous sommes hors de portée, un Sanctuaire d’où l’on ne perçoit de l’Extérieur que des musiques inoffensives et qui nous font sourire… musiques des innombrables assauts s’échouant, les impacts s’écrasant de prédateurs sans griffe ni croc, les vibrations molles d’une charge de barbares sans lance ni cri.

L’une de mes Citadelles les plus rêvées se comporte protégé comme un temple de liturgies anciennes ; subtiles messes organisées et ma bénédiction en cette demeure puisque ta musique ! et ton sublime désordre ! {Beith} est-ce devant le souvenir d’une assemblée de femme ? ou autour d’une assemblée de fantômes sans question seule rêveries ? Je crois que je me remémore le chemin d’un moment sans parole mais souffle pour se parler : Cathédrale des jeux interdits, innocente réminiscence d’une destination d’extase d’après la plus longue des routes que j’invoque puisqu’elle m’est substituable au souvenir que je cherche. Ocre des crépuscules d’argiles, instruments nomades et carillons de pure flamboyance, et les cadences entre divers orients... échos de ces pas qui mesurèrent la Terre et l’aimèrent de toutes leurs forces, aux marches passés à résonner en compagnie de cette destination du jamais-vu juste presque-rêvé. [ et je me permet une « quintille ! » de ma fabrication, dans la partition essouflée que jouent les mots …]

Et la Nuit tombait enfin, s’allongeait à côté de moi, le corps qui l’a tourmentait, vaincu, l’esprit qui voulait encore penser, lâchant prise ; et s’échappant, venait se fondre dans le modelé des notes alentours et venait ressentir l’espace depuis cette myriade d’autres points persistants ; venait s’affaisser, souffle du feu bleu, vers des galaxies qui s’éteignent trop vite, falaises introspectives en suspens. Puis, s’élever, ne conserver d’autres attaches que ta main dans la mienne, faire partie, immatériels, d’heureux voyages en direction du Sommeil… comme voyagerait vers des terres désincarnées apparues rouges et songes, ambivalentes, comme connaître et oublier sont semblable, comme Déroutante et Sage sont tes noms, ou comme je m’attache au nom de ce que contiennent en silences l’Avant et l’Après, le Mystérieux et le Merveilleux lus à l’envers. {Aleph}

*

Et j’écoute cette musique sensible de l’apprentissage permanent qui fait qu’aujourd’hui je sais déceler par-delà les mers, si la belle synchronicité avec laquelle elle me parvient, découle de ces hasards que j’ai consciencieusement vus et ressemés et/ou de ceux dont elle me nourrit, sachante de tout l’apport que ses tendresses et coïncidences ajoutent d’intensité aux feux de ma démarche vers elle.

Per Aspera Ad Astra… S’en empare ma Mémoire, c’est toi qui me l’as montré !

Ô comment ne pas appeler de pourpres sabbats pour toi ? Comment ne pas m’instruire des sortilèges qui te font apparaître ? Des présages dans la traîne rouge de l’avion que je vois aujourd’hui, et s’élevant du ciel vers cette boule constellée de bleues porcelaine, souriant, je me demande à l’instant si c’est moi que tu rugis de l’autre côté de la Ville…

Rouleaux des parchemins qui dans la brume seule ne savent se lire, seul sous les feux du Roman sans Age, l’idée d’utiliser encore ces oiseaux messager que nul n’interprète, que nuls ne veulent plus intercepter ! Non, comment ?

Comment ne pas me rendre là où ton évidence me mène ? Complexe et capable de manipuler plusieurs déraillements à la fois, complexe et capable d’entendre l’Astre que l’Un tend à l’autre, et l’Autre à l’un, pour que d’un troisième son, jaillisse la lumière qui n’a pas de fin…

*

La Mère des Vertus qui s’interroge, se demande si son enfant est correctement fou : - « Je ne me rappelle plus d’où provient ton Orgueil ? » [Paon de la Mémoire d’un démon pour sa mère]

-« Un présent voyant et lourd à milles Yeux dont on m’a affublé, pour que je ne puisse que voir résonner les cordes de toutes les routes où pouvoir fuir, de toutes les couleurs, ou de toutes les fugues où savoir vivre hors de ma portée ! et plus loin encore, pouvoir savoir mourir, le savoir même gémir en enfer ! Et me retourner toujours et manquer d’une seconde toujours trop tôt, le moment que j’avais pourtant promis de ne pas encore désirer si ardemment, La Citadelle ! Endroit de mes pleurs, et qu’il ne faudrait jamais atteindre, et qui disparaît un peu plus loin que je ne pourrais la saisir… Et quand je m’arrête, suffisamment loin, avant d’entreprendre de renoncer aux renoncements, je m’apprête, déjà en rêves, à reprendre, par ses chemins sinueux, Vers ses étoiles… »

*

Combien de citadelles me suis-je toujours infligé et qui n’auraient pas dues être des souffrances ? Malgré tout, finirons par ne jamais l’avoir été. La Grammaire des Femmes qui n’admet pas que l’on meure pour elles, mais le prétendre passe, si les déclarations sont douces, et c’est si long à comprendre… Somptueuses ruines de bientôt, moi, toi, tournons autour d’elliptiques insouciances, puisque nous n’avons pas encore connu cette terre que nous ne foulerons jamais et sous laquelle nous ne serons jamais morts, et puisque notre danse épileptique pour les cieux vaut bien toutes les entorses aux règles de cette vie dont nous n’avons pas choisis les contraintes…

Ô pour toi, désobéir, même au Sacré, n’est pas difficile.

Et je n’ai plus de métamorphoses pour te parler en secret. M’avais-tu descellé ou t’es-tu juste jetée ? Qu’elle fut la couleur du Feu qui t’anima, qu’elle force rage de toi, devenue vivante au-delà de mes astres, chaude et que je pouvais partout tenir dans le creux de mes mains, et contre moi te blottir, et au grès de toi me blottir, et ressentir ton Ivoire déferlant faire trembler les derniers murs de ces dernières citadelles auxquelles je m’accrochais encore.

Sommes-nous ivres ni à faire, défaits de cette raison contre laquelle je tangue!

Pourquoi n’irait-on pas jouer avec la tempête d’un feu qui d’évidences ne veut pas nous brûler ? Pour qui brûle-t-il si ce n’est pour le plaisir de renaître offert à ceux qui ont grandi au travers de vifs incendies, y ont forgé écailles, côtes de mailles, poupées où disparaître, personnages squelettes où ne plus être, pour qui brûle-t-il sinon pour que s’attendrissent ceux qui en connaissent trop les dangers, gravés comme un sceau sur leurs armures, protègent longtemps le touchant de leurs âmes pour ne pas en perdre l’usage, mais finissent par s’ouvrir à la confiance, les premières portes qui mènent à leurs citadelles, et se révèlent à la lumière nue comme l’Or des plus beaux livres que les Sages ont parcourus, Rouge opiacé de l’encens mince comme une fumée qui délicieusement se tord, se cambre, Bleu étiré des abandons étreints, qui traversent les nuits de subtils déserts, antique fleuve pour nourrir les premières merveilles que conçurent les humains, les humaines…

Décor des mondes mouvants où s’incruste le regard, puits qui se dispersent et révèlent leurs interstices de clarté ; à la manière dont se lit le Soleil même dans l’éclat de l’Œil le plus noir du plus Noir des tigres, ou comme s’écrit la musique de tes instants, à la fois obscure d’une noble pudeur qui se transmet peu à peu, et d’une foi blanche, beautés des passions subjuguées par étreintes pour le Feu, l’harmonique pensée que l’on ne saurait que voir, où commencer, et le sublime touché où ne jamais finir…

*

Plus de son ni de seul, je l’Aime !

2016 (protégé par droits d'auteur)
 
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Merle Bleu

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#2
L'amour est une drogue allucinogène ... je viens d'en avoir la preuve (sourire).

J'ai aimé ce texte, la richesse des images en limite de conscience servies par une plume habile et riche.

J'ai un moment pensé Cuehlo et j'ai ensuite lu "Aleph".

Merci pour ce pélerinage vers "l'idéal(e)".

Amicalement
Pierre
 
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#3
L'amour est une drogue allucinogène ... je viens d'en avoir la preuve (sourire).

J'ai aimé ce texte, la richesse des images en limite de conscience servies par une plume habile et riche.

J'ai un moment pensé Cuehlo et j'ai ensuite lu "Aleph".

Merci pour ce pélerinage vers "l'idéal(e)".

Amicalement
Pierre
Content que vous ayez pris plaisir le long de ce pélerinage halluciné vers l'idéal (formule très bien trouvée) Si on peut appréhender ce texte en se laissant juste porter sans chercher à tout s'expliquer, ça me rassure. Par la musicalité j'essaie d'offrir une alternative pour parcourir ma terre sans nécessairement s'embourber dans des logiques personnelles que pour l'instant moi seul comprend... (et encore... ;) )
 

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